Curiosité 05

Virginie Rasmont

Notre invitée est Virginie Rasmont, artiste plasticienne française.

La pratique artistique de Virginie naît d’une révolution intime il y a seulement quelques années. Ses créations dégagent une douceur apaisante, invitant à l’introspection et à la contemplation. Elle utilise son art pour soutenir des causes médicales et pour « prendre soin ». 

Virginie s’interroge sur ce qui nous unit en tant qu’humains : notre vulnérabilité et nos failles, mais aussi les traces immatérielles que chacun·e laisse derrière soi. Jouant avec les notions du visible et de l’invisible, elle travaille ainsi sur l’empreinte corporelle et intellectuelle.

www.virginierasmont.com

  • Quel livre a remis en question tes perspectives de la vie et t’a poussé à te poser des questions ? 

J’ai plusieurs titres en tête mais si je ne devais en citer qu’un je dirais :

« Les 4 peurs qui nous empêchent de vivre » d’Eudes Semeria.
Selon Eudes Semeria, toutes les peurs que nous traversons au quotidien rentrent dans l’une des 4 catégories suivantes : la peur de grandir, la peur de s’affirmer, la peur d’agir et la peur de se séparer.  

C’est un livre éclairant qui nous incite au changement pour un mieux-être.

  • Quelles expériences t’ont fait sortir de ta zone de confort et comment ont-elles influencé ta croissance personnelle ? 

Je parlerais plutôt d’une expérience qui m’a fait changer de place.

C’est ce qui s’est produit lorsque j’ai quitté le salariat pour me mettre à compte. Paradoxalement, ce changement m’a apporté une sérénité intérieure, alors que sur le papier, l’entreprenariat est loin d’être une activité apaisante. 

Je crois que cela s’explique par le fait que cette décision est entrée en résonnance avec mes valeurs et mes aspirations profondes. 

  • Ressens-tu la culpabilité de la “maman » qui travaille ?  

Je ne suis pas maman, je ne connais donc pas ce syndrome.

  • Considères-tu la sensibilité chez la femme comme une force ou une faiblesse ? Partage un exemple/une situation précise 

J’aime la nuance alors je dirais un peu des deux. Je suis hypersensible et c’est un puissant moteur de création. Mon hypersensibilité m’aide à capter des signaux faibles que je tente de retraduire dans mes créations. 

A contrario, il peut arriver que mon hypersensibilité soit un frein car elle est très couteuse en énergie, physique mais aussi mentale.

  • Quelle activité créative te permet de te reconnecter à ton essence profonde ?

J’ai la chance que mon métier soit une activité créative et de création qui est totalement en adéquation avec mon essence profonde.

Mon médium est le papier et je travaille principalement le collage, l’aquarelle, la gouache et la feuille d’or.

Les sujets que j’aborde dans mon travail sont très personnels, souvent en lien avec le rapport au corps, la féminité, l’intime mais aussi des sujets plus existentiels en lien avec la vie, la mort, le rapport entre le visible et l’invisible, l’âme et le corps. 

Depuis le premier jour, l’art est un outil thérapeutique qui m’aide à faire un pas de côté sur ce que je traverse dans ma vie. 

  • Est-ce l’Art un exutoire pour dépasser des évènements personnels ? Comment cela fonctionne pour toi ?

L’art m’aide à exorciser des sujets qui m’interrogent, m’inquiètent, me mettent mal à l’aise. Je crois que les couleurs et les formes me permettent d’exprimer ce qui s’agite au plus profond de moi, là où les mots ne suffisent pas.

Comme le dit Charles Pépin « Les mots échouent à nommer la vraie vie en nous ». J’aime beaucoup cette phrase.

Je dirais aussi que l’art m’aide à apprivoiser le vide et la mélancolie que je peux souvent ressentir, il m’aide à les adoucir.

  • Comment remets-tu en question les croyances limitantes pour te libérer de leur emprise ?

Je les confronte rationnellement. J’essaie de les décortiquer comme on épluche un oignon, couche après couche, pour comprendre ce qui se cache au cœur.

C’est assez fascinant comme les perspectives changent lorsque l’on fait cet exercice.  

  • Quelles activités ou pratiques t’aident à créer un espace propice au lâcher prise ?

Lorsque je créé, j’aime me laisser porter par mes sensations, par les couleurs, les matières. Le format sur lequel je travaille peut aussi être un puissant déclencheur de lâcher prise.

Je l’ai observé lorsque j’ai réalisé une fresque de 50 m2 en plein cœur du Marais à Paris (78 rue veille du temple). 

Travailler de telles dimensions est très engageant physiquement et le rapport mental-corps n’est plus du tout le même qu’avec un format à taille humaine.  

Mettre mon corps en mouvement est aussi un puissant vecteur de lâcher prise. C’est particulièrement le cas lorsque je pratique le yoga, au travers de la connexion entre le souffle et le mouvement du corps.

  • Une femme artiste qui soit un modèle pour toi et pourquoi ?

Prune Nourry. Elle aborde des sujets qui me touchent notamment liés au corps et à la guérison. Ses projets naissent souvent de rencontres avec des spécialistes, psychanalystes, généticiens, anthropologues ou encore chercheurs.

Étant moi-même issue du monde scientifique, je crois beaucoup à la fertilisation croisée entre l’art et les Sciences. 

  • Ta routine bien-être ?

J’attache beaucoup d’importance à prendre soin de moi autant d’un point de vue physique que psychique. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord je crois que pour prendre soin des autres il faut d’abord être bien avec soi-même. 

Pour prendre soin de mon corps, je fais du sport quasiment tous les jours. Je varie les intensités et les activités, cela peut aller du yoga à la natation en passant par l’indoor cycling (le concept Dynamo bien connu à Paris). Je me fais aussi masser régulièrement pour libérer les tensions corporelles accumulées. 

J’ai besoin de beaucoup de sommeil alors dans la mesure du possible j’essaie de me coucher avant 22h30, 23h. Pour la nourriture, je privilégie les produits locaux et circuits courts. 

Pour prendre soin de mon psychisme, je médite, j’écris pour me délester de mes états d’âme. Je nourris mon cerveau de bonnes choses comme des conférences philosophiques de Charles Pépin tous les lundis au mk2 Odéon. Un délice cérébral. 

  • La meilleure destination pour déconnecter ? 

L’île de Ré, sans hésiter ! C’est ce que j’appelle mon lieu refuge. 

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